Des affrontements armés et des tensions communautaires se poursuivent au Sud-Kivu en créant un environnement où la dignité humaine est piétinée quotidiennement.
En zone de conflit, la prolifération des armes à feu installe un climat d’impunité totale où chacun s’improvise bourreau, s’abritant derrière l’appartenance à un camp ou à un autre pour terroriser, intimider et régler des comptes.
Les femmes, les jeunes filles et les enfants sont les principales cibles, particulièrement exposées aux violences sexuelles qui se propagent sous un silence au sein des communautés.
À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, célébrée ce vendredi 19 juin 2026, les réactions sont entre résignation et indignation au Sud-Kivu.
Pour Agnès Sadiki, activiste des droits humains dans la province du Sud-Kivu, le concept même de cette journée internationale suscite une « confusion totale. »
Selon elle, vouloir éliminer les violences en pleine guerre sans s’attaquer à la racine du problème est une illusion.
« Nous devrions plutôt parler de la journée de lutte contre les conflits pour enfin y mettre fin. Parce que l’élimination des violences ne se fera pas par des déclarations d’intention, mais par la recherche active d’une paix durable et une sensibilisation sans concession de toutes les couches de la société», tranche-t-elle.
Agnès Sadiki indique aussi que sans une prise de conscience collective, la région risque de « reculer de mille ans » dans la protection des droits humains.
Pour inverser la tendance, Agnès Sadiki appelle à une mobilisation générale et immédiate. Elle demande une vulgarisation massive de cette journée et des droits qu’elle sous-tend. Et ce, afin que toutes les parties prenantes, y compris les groupes armés et les forces en conflit, prennent conscience de l’interdiction stricte des abus sur les civils.
Le combat doit être porté par trois piliers essentiels : les professionnels des médias afin de briser le silence et documenter les cas, les activistes et la communauté humanitaire pour maintenir une attention et une assistance particulières et La population elle-même pour développer des mécanismes de protection mutuelle et de solidarité communautaire.
Lamberte Wakenge