Goma : Issue de la rencontre entre James Swan de la MONUSCO et Joseph Kabila du FRN 

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James Swan, patron de la Monusco et représentant spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies était à Goma. Le mardi 3 Novembre 2026, il s’est entretenu avec Joseph Kabila, le président du Front pour la Réfondation de la Nation.

Selon plusieurs médias locaux et internationaux, le vice-président Bertrand Bisimwa du Front pour la Refondation de la Nation était dans la délégation du FRN. Le FRN a dit à James Swan : « 28 ans après, le bilan de la MONUSCO c’est un échec total. Un mandat de plus ne changerait absolument rien. Nous souhaitons que le mandat ne soit pas renouvelé et que la MONUSCO poursuive son retrait. »

Déjà au Sud-Kivu, où la Monusco est absente depuis deux ans, les déplacés de guerre peinent à trouver une assistance suffisante.

Renouvellement prochain du mandat de la Monusco

Quant au mandat actuel de la Monusco qui va expirer bientôt, Kinshasa veut le renouveler pour sécuriser l’Est et appliquer l’accord sur les FDLR.

Il revient au Conseil de Sécurité de trancher en décembre 2026 sans accord des parties sur le terrain ; car s’il n’y a pas de renouvellement, ce sera le vide juridique.

Le FRN accepte une seule chose : l’appui logistique de la Monusco pour le mécanisme de vérification du cessez-le-feu de Doha. Mais il refuse qu’il serve de prétexte à la Monusco à rester.

Sans la Monusco pour transporter et sécuriser les équipes conjointes des FARDC et FRN notamment, le mécanisme pourrait peiner à aller sur les lignes de front.

En vérité, la Monusco voulait se redéployer au Sud-Kivu pour vérifier le cessez-le-feu autour de l’axe Bukavu-Uvira.

Par contre, le Front pour la Refondation de la Nation réplique en disant : « Nos zones sont déjà stabilisées, on n’a pas besoin de vous. » Et il accuse la Monusco de ne pas avoir protégé les habitants d’Uvira d’exactions signalées lors de la réoccupation de la ville par le gouvernement de Kinshasa.

Une vérification du cessez-le-feu sans partie neutre

Sans la présence de la Monusco au Sud-Kivu, il n’y a pas de vérificateurs neutres à Bukavu. Donc chaque violation sera dénoncée par une partie et niée par l’autre, sans preuve fournie par ONU.

Une autre conséquence est le non existence d’escortes humanitaires pour le Programme Alimentaire Mondial et le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés en partance vers Masisi, Walikale et Uvira, notamment.

Le FRN présente ça comme une « stabilisation ». Les humanitaires le voient comme un risque d’augmentation des exactions sans témoin international.

Le renouvellement du mandat de la Monusco à New York est fragilisé, le mécanisme de vérification à Goma semble bloqué par l’absence de la Monusco à Bukavu. C’est pour ça que Swan est venu : négocier un minimum d’assurance pour garantir l’acheminement de la logistique pour le cessez-le-feu de Doha ainsi que l’aide humanitaire, même si le mandat politique est rejeté.

Faustin Muliri

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