Nyantende, Kabare — 18 septembre 2026. — Solidarité pour la Protection des Droits de l’Enfant (SOPRODE) a clôturé ce vendredi 18 septembre 2026, à Nyantende, dans le groupement de Mumosho, territoire de Kabare, un atelier de formation consacré à la promotion des pratiques agroécologiques et zéro déchet.
Organisé du 17 au 18 septembre, cet atelier s’inscrit dans un contexte marqué par plusieurs défis qui affectent les communautés rurales du Sud-Kivu, notamment la dégradation des sols, les effets du changement climatique, l’insécurité foncière, le faible accès aux techniques agricoles durables et l’utilisation de pesticides chimiques dangereux.
Dans le territoire de Kabare, particulièrement dans les groupements de Mumosho, Mudaka et Miti, ces difficultés sont accentuées par la pression exercée sur les ressources naturelles et par les problèmes de gestion des déchets liés notamment à la proximité de la ville de Bukavu.
Face à ces enjeux, SOPRODE met en œuvre le projet « Études de cas en agroécologie et zéro déchet pour une agriculture durable et le plaidoyer dans le territoire de Kabare, RDC », qui vise à documenter et valoriser les pratiques agroécologiques développées par les communautés locales.
La première journée de l’atelier a notamment été consacrée à l’identification et à la cartographie des pratiques agroécologiques existantes. Les participants ont ainsi exploré différentes pratiques déjà utilisées par les agriculteurs, parmi lesquelles l’association et la rotation des cultures, l’utilisation du compost et du fumier, la couverture des sols, l’agroforesterie, la lutte contre l’érosion, la valorisation des déchets organiques, l’utilisation des résidus de récolte et l’association agriculture-élevage.
L’approche adoptée visait à partir des réalités du terrain. Une pratique n’a pas besoin d’être appelée « agroécologique » par le producteur pour être considérée comme telle. L’objectif était de découvrir les pratiques existantes et de comprendre leur fonctionnement à partir des expériences et des connaissances des agriculteurs.
La deuxième journée a été consacrée principalement aux démonstrations pratiques et au partage d’expériences, avec une attention particulière portée au compostage, aux alternatives aux pesticides et aux engrais chimiques dangereux, ainsi qu’à la valorisation des ressources organiques disponibles localement.
Les échanges ont permis de recueillir des informations sur les pratiques mises en œuvre dans les communautés, les méthodes utilisées, les cultures concernées, les ressources mobilisées, les résultats observés et les enseignements tirés par les producteurs.
Ces informations constituent une première base documentaire pour l’élaboration des études de cas du projet, destinées à mettre en évidence les alternatives durables aux pesticides et aux engrais chimiques dangereux, notamment à travers des pratiques telles que le compostage, l’agroforesterie, l’utilisation de biofertilisants et de biopesticides dans les cultures de maïs, de haricot, d’arachide, les cultures maraîchères et d’autres cultures vivrières.
La démarche de l’atelier et de la documentation a bénéficié de la facilitation de Rodrigue Kadorho et Irénée Murhula, chercheurs au Centre de Recherche en Gestion de la Biodiversité et Changement climatique (CRBC) de l’Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu (ISDR-Bukavu), où ils enseignent également.
À travers cette initiative, SOPRODE entend contribuer à la valorisation des savoirs et solutions développés par les communautés, au partage des connaissances et à la promotion de politiques publiques favorables à l’agroécologie.
Le projet est mis en œuvre par SOPRODE avec l’appui du Global Greengrants Fund (GGF), sur recommandation de Pesticide Action Network Africa (PAN Africa).