Décès de Miguel Masaïsaï : le dernier coup de pédale d’un messager de paix

ads

Il voulait atteindre Rabat à vélo. Un rêve cauchemardesque. Miguel Masaïsaï, cycliste congolais originaire de Goma, est décédé ce vendredi 18 septembre 2026 à Ouesso, dans le nord de la République du Congo, à la suite d’un accident de la circulation.

Sa disparition met brutalement fin à un périple de plusieurs milliers de kilomètres, mais pas au message de paix qu’il avait choisi de porter.

Le 1er mai 2026, Miguel Masaïsaï enfourchait son vélo à Goma pour une aventure hors du commun. Son objectif était de relier la capitale du Nord-Kivu à Rabat, au Maroc, sur près de 14 000 kilomètres, dans le cadre de l’initiative « Pedals for Peace. »

Bien plus qu’un défi sportif, il s’agissait pour lui de faire entendre la voix des populations de l’Est de la République démocratique du Congo et de promouvoir la paix, l’unité et la solidarité entre les peuples.

Le Souverain Libre suivait de près son parcours,et soutenait son initiative sportive relayant la quête de paix.

Au fil des kilomètres, escaladant des montagnes, face à la chaleur, affrontant des pluies et des difficultés mécaniques, Miguel n’a pas abandonné. Après 67 jours de route, il atteignait Kinshasa le 5 août, ayant déjà parcouru environ 6 500 kilomètres. À cette occasion, il expliquait que son message était celui de la paix, du respect et de l’unité de la jeunesse africaine.

À Kinshasa, son arrivée avait pris les allures d’un rendez-vous citoyen. Devant des jeunes et des acteurs de la société civile, il a porté la voix de l’Est du pays, appelant à la paix et à la cohésion nationale. Son parcours a également retenu l’attention de plusieurs acteurs diplomatiques, notamment les ambassadeurs des Pays-Bas et d’Espagne en RDC, qui ont salué l’initiative « Pedals for Peace »

Quelques semaines plus tard, Miguel poursuit sa route au Congo-Brazzaville. Le 14 septembre, il arrive à Oyo après sa 71ᵉ étape, malgré les difficultés rencontrées sur le parcours. Il devait poursuivre vers le nord du pays, puis gagner le Cameroun avant de continuer vers le Maroc

Mais à Ouesso, la route vient de s’arrêter.

À travers son vélo, Miguel Masaïsaï avait voulu transformer un exploit sportif en message citoyen. Il avait choisi de pédaler pour ceux qui espéraient la paix, de traverser les frontières pour rappeler que la jeunesse africaine pouvait aussi être porteuse de dialogue et de solidarité.

Son dernier coup de pédale n’aura donc pas atteint Rabat. Mais son itinéraire laisse derrière lui une trace ,celle d’un jeune Congolais qui avait décidé de prendre la route pour porter un message qui dépassait le simple cadre du sport.

Miguel Masaïsaï est parti. « Pedals for Peace », lui, demeure comme le symbole d’un rêve interrompu mais d’un plaidoyer pour l’avènement de la paix en Afrique, en gêneral et au Congo, en particulier.

Paix à son âme.

Loïc Mambo

ads

Leave a Comment

Your email address will not be published.

ads

You may like

ads
In the news
ads