Le Conseil Urbain de la Jeunesse de Bukavu sort du silence et il appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour soulager les souffrances de populations civiles. Dans un plaidoyer rendu public ce mercredi 3 juin 2026, l’organisation affirme agir de manière strictement apolitique et au nom de son devoir moral envers la population.
Son président, Bushenyula Kamwele Junior, il déplore une situation qualifiée de préoccupante. Selon lui, depuis plus d’une année, la ville de Bukavu fait face à une paralysie du système bancaire et financier privant des milliers de ménages de l’accès à leurs propres ressources. Une situation qui bloque les transactions courantes et freine considérablement les activités entrepreneuriales.
La jeunesse de Bukavu s’inquiète également de la rupture des circuits d’approvisionnement avec les zones agricoles périphériques.
Cette situation entraîne une hausse importante des prix des produits de première nécessité et menace la sécurité alimentaire de nombreuses familles.
À cela s’ajoute le renforcement des contrôles aux frontières avec le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda. Pour une ville dont l’économie dépend largement du commerce transfrontalier, ces restrictions accentuent l’isolement de la population et aggravent les difficultés économiques et sociales.
Face à cette réalité, le Conseil Urbain de la Jeunesse appelle le Gouvernement de la République Démocratique du Congo ainsi que la Coordination de l’AFC-M23 à placer l’intérêt des populations civiles au centre de leurs décisions. L’organisation réclame, notamment, la reprise des activités bancaires, la libre circulation des biens essentiels, la protection des libertés fondamentales, le renforcement des services sanitaires et l’accélération des initiatives de paix.
Pour les leaders de la jeunesse, garder le silence face à la détresse des habitants de Bukavu reviendrait à une démission morale collective.
Lamberte Wakenge