En République démocratique du Congo, plus particulièrement au Sud‑Kivu, la privation du droit à l’héritage constitue une forme tout aussi enracinée de violence basée sur le genre (VBG).
Lors d’une séance d’écoute collective menée en date du 01 mai 2026, à Miti dans le territoire de Kabare, auprès de quelques femmes et jeunes filles, le Club Zaida Catalan pour la paix et la sécurité a constaté qu’au moins chaque veuve et orpheline interrogée rencontre des difficultés pour accéder à l’héritage.
Pire, nombre d’entre elles sont d’abord accusées de sorcellerie, avec les risques sociaux et physiques graves que cela entraîne.
Malgré l’existence des lois protectrices dont la constitution congolaise, le Code de la famille, la loi foncière et tant d’autres instruments juridiques, les femmes et les filles congolaises vivent cette violence au quotidien et dans leur intimité.
Obtenir la succession laissée par un mari ou un père demeure un véritable parcours de combattant. Or, l’héritage est souvent le moyen le plus direct d’accéder à la terre et à d’autres biens essentiels, indique Judith Maroy, chargée de programme du Club Zaidan Catalan.
Elle ajoute que ces privations successorales ne sont pas seulement des atteintes aux droits civils : elles constituent une violence économique qui accroît la vulnérabilité des femmes et limite fortement leurs perspectives d’autonomie et d’accès aux opportunités économiques.
«En les empêchant de disposer de leurs biens, on compromet leur capacité à subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles, et l’on freine le développement inclusif de leurs communautés», explique-t-elle.
Pour le Club Zaidan Catalan, Il est donc urgent de renforcer les mécanismes de protection et de sensibilisation, sans oublier l’application effective des textes, soutien juridique et psychosocial aux victimes. Il faut également l’appui aux initiatives locales de plaidoyer et éducation des communautés pour déconstruire les mythes et stéréotypes qui justifient ces pratiques.
«Sans un accès véritable et sécurisé à l’héritage, l’égalité de genre restera inachevée, et la promesse d’une justice économique pour les femmes demeurera lettre morte», conclut Judith maroy.
Le Code de la famille stipule pourtant que les femmes doivent accéder à l’héritage au même titre que les hommes. C’est depuis sa réforme de 2016.
Son article 758 dispose que tous les enfants, sans distinction de sexe, sont héritiers de première categorie.
Avant 2016, la veuve était souvent chassée de la maison par la belle famille. Maintenant, la loi la protège, bien qu’elle souffre parfois de violation.
Héritier Bashige