En territoire de Mwenga, la colère monte au sein du corps enseignant. Plusieurs enseignants de la province éducationnelle Sud-Kivu 3 affirment n’avoir reçu aucun salaire au cours des mois de mars et avril 2026, une situation qui plonge de nombreuses familles dans une précarité grandissante, en pleine période des épreuves nationales.
Dans une correspondance adressée aux autorités compétentes, la Société civile forces vives de Mwenga, à travers son président Samuel Lugenle Itebo, dénonce une « violation du droit et du devoir citoyen » des enseignants et des élèves.
Elle qualifie cette absence de paiement de « génocide scientifique », estimant que cette crise risque d’affecter durablement le fonctionnement des écoles dans cette partie du Sud-Kivu déjà fragilisée par l’insécurité liée au conflit opposant les FARDC à l’AFC-M23.
Selon ce document, plusieurs établissements scolaires accusent des arriérés de salaires remontant à 2025.
Les auteurs de la lettre pointent du doigt des irrégularités dans la chaîne de paiement impliquant, notamment, Caritas Uvira et l’Institut financier pour les œuvres de développement (IFOD), tout en regrettant l’absence de suivi efficace de la part du gouvernement congolais.
« Sur les 145 territoires que compte la RDC, seuls Mwenga et Fizi ne sont pas payés », déplore la Société civile, qui appelle à des mécanismes de paiement plus directs, notamment via Airtel Money, sans passer par des structures intermédiaires.
Les enseignants réclament ainsi le paiement simultané des salaires de mars et avril avant le 15 mai 2026, ainsi que l’apurement des arriérés encore en souffrance.
Cette situation intervient alors que le gouvernement congolais avait pourtant annoncé plusieurs réformes dans le secteur éducatif. Lors de son discours sur l’état de la Nation, le président Félix Tshisekedi avait promis la modernisation de la chaîne de paie des enseignants grâce à la numérisation et à l’introduction d’outils biométriques destinés à améliorer la gestion des rémunérations.
En janvier 2026, les autorités avaient également annoncé certaines primes à allouer aux enseignants. Elles devraient être versées directement aux bénéficiaires afin de réduire les dysfonctionnements dans le paiement des salaires.
En dépit de ces promesses non réalisées, certains enseignants du Sud et Nord Kivu demeurent impayés, ce qui frustre et met en péril l’éducation des enfants
Loïc Mambo