Bukavu :le lycée Nyakavogo menacé d’effondrement

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les érosions emportent progressivement la pente argileuse et menacent plusieurs bâtiments du lycée Nyakavogo sur l’avenue Nyakaliba, dans la commune de Bagira.

Les murs de l’établissement présentent des fissures et des cassures, tandis que des éboulements ont déjà fragilisé une partie de l’école.

 

À l’origine de cette situation, la population locale pointe notamment l’extraction des pierres dans la rivière Nyamuhinga. Depuis plusieurs années, des habitants viennent y prélever des pierres pour leurs besoins de construction. Malgré les alertes lancées pour mettre fin à cette pratique, l’exploitation se poursuit.

Une école progressivement coupée deux.

 

Le lycée Nyakavogo, une grande école conventionnée catholique construite en 1956 dans la commune de Bagira, est aujourd’hui confronté à une situation préoccupante.

 

De grosses têtes d’érosion rongent une partie de la pente argileuse de l’avenue Nyakaliba. Les fissures apparues sur les murs de l’enclos donnent l’alerte. Les éboulements ont également commencé à scinder l’établissement en deux parties.

 

Pour permettre aux élèves de circuler et limiter les risques de chute, une passerelle a été aménagée au-dessus d’une partie menacée par les éboulements.

 

La situation des installations sanitaires est également préoccupante. Les toilettes extérieures se sont écroulées, obligeant les lycéennes à utiliser celles de l’internat.

 

Dans plusieurs bâtiments, les dégâts sont visibles. La plupart des salles de classe, la salle des professeurs, les bureaux administratifs, la chapelle ainsi que le couvent des sœurs présentent des fissures. Le sol lui-même est marqué par des cassures.

 

Face à cette situation, l’inquiétude est grande quant à la sécurité des élèves et du personnel. certaines personnes craignent même que les élèves ne puissent pas terminer normalement l’année scolaire 2021-2022.

 

Pour la sœur Brigitte Nyota, préfète du lycée Nyakavogo, les éboulements seraient liés aux activités d’extraction des pierres dans la rivière Nyamuhinga.

 

Pendant des années, des habitants ont extrait des pierres dans cette petite rivière. Une pratique dénoncée à plusieurs reprises, mais qui n’aurait pas cessé malgré les appels à la prudence.

 

La responsable de l’établissement lance alors un appel à la solidarité afin de sauver cette école fréquentée par plusieurs centaines de jeunes filles.

 

« Nous en avons besoin de 21 salles de classes», s’exclame-t-elle, en faisant référence au nombre de salles de classe nécessaires pour permettre au lycée de fonctionner normalement.

 

La sœur préfète se montre à la fois confiante et préoccupée. Elle espère notamment l’intervention des autorités et de toute personne susceptible de contribuer à la sauvegarde de l’établissement.

Face à l’ampleur des dégâts, le gouvernement provincial du Sud-Kivu et Le Fonds social de la République promettent d aider les lycées.

 

Ces promesses suscitent l’espoir au sein de l’établissement, même si les besoins restent beaucoup plus importants.

 

Le lycée Nyakavogo compte alors 478 élèves, inscrites notamment dans les options commerciale et gestion, hôtesse d’accueil, sociale et pédagogie.

 

L’établissement est géré par la Congrégation des Sœurs de la Sainte-Famille d’Helmet, dont la devise est : « Dieu fait route avec nous. »

 

Mais derrière cette devise et les promesses d’intervention, l’urgence demeure. Les fissures continuent de témoigner de la fragilité des bâtiments, tandis que les érosions menacent progressivement l’espace scolaire.

 

Pour les responsables de l’établissement et les élèves, le défi est désormais de sauver ce creuset de formation de la jeune fille avant qu’un nouvel éboulement ne provoque une catastrophe.

 

Gertrude Shabani

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