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Matinée de ce mercredi 8 novembre, un site, à la fois bruyant et discret, attire la curiosité.

Ce site perche au-dessus du relief abrupt donnant sur la rivière Ruzizi,  au bout  route en terre et rocailleuse de l’avenue de la montagne.

Le maître du lieu, appelé président, interpelle les petits commerçants, la plupart des dames.

Les interpellés croisent les mains sur la tête, lèvent les bras vers le ciel,   les larmes coulent des yeux.

Le président martèle que l’endroit n’est pas un marché mais juste un point de transit de la viande de vache qui vient du Rwanda.

Une bouchère  révèle qu’elle et  ses collègues vendeurs ou vendeuses de viande, sont  chassés du site depuis quelques jours avant l’heure de fermeture.

Et cela, alors qu’ils continuent de payer les frais d’inspection de la  viande aux vétérinaires et des taxes de l’Etat à quelques fonctionnaires.

Ces  commerçants et commerçantes affirment aller vendre en gros des quartiers et gros morceaux de viande aux boucheries, marchés  et alimentations à travers la ville de Bukavu.

Ils vendent aussi en détail et à bon prix aux ménages des environs et même à d’autres qui connaissent ce marché et viennent de loin.

Les badauds disent ne pas comprendre les autorités qui qualifient les petits marchés de pirates.

L’Etat tient à supprimer les marchés pirates, mais il continue à y envoyer des agents pour inspecter la viande et récolter les taxes.

C’est décider quelque chose et demander son contraire.

 

Pascal Boroto

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