Bukavu : L’artiste Kyungu Mukuta hausse la voix contre la montée en puissance des cas de viols et violences à l’égard des enfants
L’artiste plasticien et défenseur des droits des enfants, Steve Kyungu Mukuta dénonce la violation continue des droits de l’enfant en République démocratique du Congo. Il s’est exprimé à l’occasion de la célébration de la journée internationale de l’enfant africain, célébrée le mardi 16 juin.
Dans une tribune partagée ce mercredi 17 juin 2026, il dénonce le fait que des armes continuent de faucher des milliers de vies d’enfants innocents, pourtant parmi les victimes, beaucoup rêvaient de grandir, de réaliser leurs ambitions et d’accomplir la mission pour laquelle ils sont venus au monde.
Il hausse la voix sur les viols, les violences sexuelles, les enlèvements, les Kidnappings, les mutilations, l’utilisation et l’enrôlement des enfants qui ne cessent pas.
Il est difficile aujourd’hui de donner avec exactitude le nombre d’enfants victimes à travers la planète. Mais en République Démocratique du Congo, les différents rapports des Nations Unies, des organisations de défense des droits humains ainsi que ceux des agences de protection de l’enfance documentent un nombre record de violations graves à l’encontre des enfants, dit-il.
Steve Kyungu précise qu’en Ituri, à Beni, au Nord et Sud-Kivu, des cas d’enfants tués ne sont pas un événement isolé : c’est une tragédie répétée depuis plus de trente ans, sous le regard impuissant des dirigeants.
«Pendant que l’Est demeure le foyer des tensions et des massacres les plus sanglants, le Sud-Est s’enfonce dans des luttes tribales qui déchirent le tissu social, au centre, nous mourons de faim, nous subissons l’exode rurale, nous restons enfermés dans l’enclavement, à l’Ouest, l’on se perd dans des tensions politiques et sociales qui se cristallisent autour des révisions et changement de textes qui ignorent totalement l’intérêt supérieur de l’enfant. Pourtant, c’est cet enfant négligé aujourd’hui qui sera l’adulte de demain. Si nous ne pensons pas à son avenir radieux, devenu adulte, il ne pensera pas à l’avenir meilleur de la nation», écrit Steve Kyungu.
Par sa plume, l’artiste dit non à la recrudescence des violences sexuelles ainsi qu’aux recrutements et à l’utilisation d’enfants par les groupes armés.
À cette même occasion, l’artiste veut voir les décideurs mettre en place une justice transitionnelle afin d’aboutir aux sanctions contre les auteurs des crimes contre les enfants et la réparation pour les victimes.
Patrick Cishibanji