L’offensive judiciaire annoncée avec fracas par la Coalition Article 64 (C64) contre le président Félix Tshisekedi devra encore attendre.
Alors que les leaders de l’opposition avaient fixé à ce mardi 9 juin la date du dépôt d’une plainte visant le chef de l’État pour ce qu’ils qualifient de « coup d’État contre la Constitution », la plateforme a finalement décidé de reporter cette démarche à une date ultérieure.
Quelques jours plus tôt, à l’issue d’une réunion d’évaluation de la journée « ville morte » du 3 juin, les ténors de l’opposition, parmi lesquels Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi et Augustin Matata Ponyo, avaient pourtant assuré disposer d’éléments suffisants pour saisir la justice contre le président de la République.
La plainte devait s’inscrire dans leur combat contre tout projet de révision constitutionnelle, qu’ils considèrent comme une menace pour l’ordre institutionnel du pays
Mais à la veille de l’échéance annoncée, la coalition a changé de cap. Dans un communiqué officiel publié lundi 8 juin, la C64 explique avoir décidé de différer le dépôt de sa plainte afin d’y intégrer de nouveaux éléments juridiques et factuels ainsi que des pièces supplémentaires récemment recueillies.
Selon ses dirigeants, cette décision vise à renforcer davantage la solidité du dossier avant sa transmission aux instances compétentes.
Ce revirement intervient alors que plusieurs responsables de l’opposition avaient laissé entendre ces derniers jours qu’ils détenaient déjà une importante quantité d’éléments à charge contre Félix Tshisekedi. Le report de la procédure nourrit désormais les interrogations sur la stratégie de la coalition, qui assure néanmoins que cette suspension ne signifie en aucun cas un abandon de ses poursuites.
La C64 maintient ainsi sa ligne de conduite : poursuivre son combat contre toute modification de la Constitution et défendre ce qu’elle considère comme le respect de l’État de droit. Pour l’heure, aucune nouvelle date n’a été communiquée pour le dépôt de cette plainte très médiatisée
Entre annonce d’une vaste offensive judiciaire et report de dernière minute, l’opposition se retrouve désormais attendue au tournant. Reste à savoir si les nouveaux éléments annoncés suffiront à transformer les déclarations politiques en véritable bataille judiciaire contre le chef de l’État.
Loïc Mambo