La journée « ville morte » décrétée ce mercredi 3 juin par la coalition de l’opposition C64 pour protester contre le projet de loi sur le référendum a été différente les régions de la République démocratique du Congo.
Initiée par plusieurs leaders de l’opposition, dont Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund et Delly Sessanga, cette action visait à exprimer le rejet d’une partie de la classe politique face au débat sur le référendum.
À Kinshasa, plusieurs commerces sont restés fermés et la circulation a été moins dense dans certaines communes, sans toutefois entraîner une paralysie totale de la capitale.
Face à cette mobilisation, la majorité présidentielle a rapidement contre-attaqué.
Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, avait assuré que le 3 juin resterait une journée normale de travail, affirmant que les institutions publiques et les activités économiques continueraient de fonctionner normalement.
À Bukavu, en revanche, les marchés, les transports en commun et la plupart des activités commerciales ont fonctionné normalement tout au long de la journée.
Aucun mouvement significatif de fermeture généralisée n’a été observé dans les principales artères de la ville.
Malgré cette situation, la société civile du Sud-Kivu affirme partager l’esprit de l’initiative portée par l’opposition.
Son vice-président du bureau de coordination de la société civile, Jean Samy Takimbula, explique que l’absence d’un suivi visible de la ville morte à Bukavu ne doit pas être interprétée comme un rejet de la démarche.
« La société civile est favorable à cette ville morte et soutient les motivations qui la sous-tendent. Il Ajoute que la société civile entend lancer une campagne dite : « Ne touche pas à ma constitution ».
Pour plusieurs observateurs, l’application mitigée du mot d’ordre entre Kinshasa et Bukavu illustre la diversité des réalités congolaises.
Alors que le débat politique autour du référendum occupe une place importante dans la capitale, les préoccupations sécuritaires, économiques et sociales demeurent au cœur des préoccupations quotidiennes dans l’Est du pays.
Cette journée du 3 juin aura ainsi permis de mesurer la capacité de mobilisation de l’opposition tout en mettant en lumière les disparités régionales dans la réception de son message.
Si Kinshasa a constitué le principal foyer de cette action politique, Bukavu, elle, a poursuivi ses activités sans perturbation majeure.
Loïc Mambo