Le président congolais, Félix Tshisekedi, a relancé le débat politique autour de la Constitution et de la limitation des mandats au-delà des deux, selon la constitution. C’était lors de sa sortie médiatique organisée mercredi 6 mai 2026 à Kinshasa. Face à la presse, le chef de l’État a affirmé ne pas avoir sollicité un troisième mandat, tout en laissant la porte ouverte à une éventuelle candidature, si « le peuple le lui demandait », selon ses dires.
« Je n’ai pas sollicité un troisième mandat, mais si les Congolais me demandent de revenir au front, je serai à leur disposition », a déclaré Félix Tshisekedi devant les journalistes. 
Cette déclaration, prononcée dans un contexte marqué par la guerre persistante dans l’Est du pays et les tensions politiques internes, remet au centre du débat la question de la révision constitutionnelle. La Constitution congolaise limite actuellement le président de la République à deux mandats.
Au cours de cette conférence de presse, le chef de l’État a également soutenu l’idée d’une réflexion menée par des experts sur la Constitution, estimant que « l’homme politique pense aux prochaines élections, tandis que l’homme d’État pense aux prochaines générations ». 
Les propos du président interviennent alors que plusieurs acteurs de l’opposition dénoncent déjà ce qu’ils considèrent comme une tentative de préparer l’opinion à un changement constitutionnel. Certaines voix critiques voient dans sa démarche, jugée sournoise, un signal politique fort à deux ans de la fin de son second mandat.
Jean Claude Katende, président de l’association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), il dénonce ce qu’il considère comme fraude à la constitution dans les initiatives politiques actuellement discutées autour du référendum.
Par ailleurs, Jean Moreau Tubibu, activiste de droits de l’homme de l’asbl Groupe Jérémie estime que « la constitution est un texte sacré, mais au-dela de son caractère, elle peut être améliorée au regard des attentes de la population, par voie de référendum. »
Lors de la même sortie médiatique, Félix Tshisekedi a aussi lié l’organisation des prochaines élections à la stabilité sécuritaire dans l’Est de la RDC. Il a averti que sans retour de la paix au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, la tenue des scrutins de 2028 pourrait être compromise. Maisnil est confiant quant à l’évènement de la paix au travers des partenariats sécuritaires, surtout la diplomatie entre Kinshasa et washington.
Cette prise de parole présidentielle ouvre désormais une nouvelle séquence politique en RDC, où la question du troisième mandat, longtemps sensible, refait surface dans le débat national sur fond de crise sécuritaire et de recomposition politique.
Loïc Mambo