Trente ans après l’assassinat de l’archevêque Christophe Munzihirwa Mwene Ngabo, le 29 octobre 1996, sa mémoire reste vivace au Sud-Kivu. Le docteur Denis Mukwege, Néné Bintu, présidente de la société civile du Sud-Kivu, et les Nations unies, à travers le rapport Mapping, rappellent la portée historique de cet épisode et les enjeux persistants de justice et de paix dans l’est de la RDC.
« 30 ans de guerre, 30 ans d’impunité, 30 ans de trop », déplore Denis Mukwege. Le Prix Nobel de la paix rend hommage à cet homme d’Église qui, selon son témoignage, encourageait la population à rester unie et à ne pas céder à la peur. Il appelle à poursuivre les efforts pour la justice, la dignité et la restauration de la paix.
Dans son rapport Mapping, les Nations unies documentent les violences commises lors des combats pour la prise de Bukavu, les 29 et 30 octobre 1996. Le document rapporte que plus de 450 civils ont été tués par des éléments de l’AFDL/APR durant cette période et mentionne l’assassinat de Mgr Munzihirwa, tué dans son véhicule avec son chauffeur et son garde du corps.
De son côté, Néné Bintu se souvient des messages diffusés par l’archevêque sur Radio Maendeleo, notamment son appel : « Ne fuyez pas, restez chez vous… c’est votre terre. » Elle décrit un homme de conviction, profondément attaché à sa population, et s’interroge sur les risques auxquels s’exposerait aujourd’hui une personnalité qui lancerait un appel similaire.
Trente ans après sa disparition, la mémoire de Mgr Munzihirwa continue ainsi d’alimenter les appels à la justice et à une paix durable dans une région encore confrontée à l’insécurité.
Loïc Mambo