SANTÉ: Thérèse Kazindu révèle les failles de la prévention du cancer du col de l’utérus à Bukavu

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Le dépistage du cancer du col de l’utérus reste insuffisant chez les femmes du secteur informel dans la ville de Bukavu. Une étude menée auprès de 425 femmes révèle que seules 28 avaient déjà effectué cet examen. Le manque d’information, les difficultés d’accès aux soins et la précarité économique compliquent la prévention de cette maladie.

Au marché, dans les petits commerces ou les ateliers de couture, de nombreuses femmes travaillent chaque jour pour subvenir aux besoins de leur famille. Pourtant, leur santé reste parfois reléguée au second plan, notamment à cause du coût des soins et du manque d’informations.

Cette réalité est au cœur d’une étude conduite par la Dr Thérèse Musimwa Kazindu et ses collègues de l’École régionale de santé publique de l’Université catholique de Bukavu (UCB). Publiée le 4 octobre 2026 dans _« l’International Journal of Women’s Health »_, elle analyse les connaissances et les pratiques de ces femmes face au cancer du col de l’utérus. Interviewer par notre , Docteur Thérèse nous parle de la connaissance, de l’attitude et de la pratique (CAP)quant à la problématique liée au cancer du col de l’utérus.

Un dépistage encore trop rare

Les résultats sont préoccupants, près de 94 % des participantes n’avaient jamais effectué de dépistage. Un peu plus de la moitié avaient entendu parler de la maladie, tandis que plus de huit femmes sur dix ignoraient l’existence du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV).

Pour la Dr Thérèse Kazindu, ces résultats soulignent l’urgence de renforcer la prévention et l’information des femmes afin de favoriser un recours accru au dépistage.

La précarité, un obstacle aux soins

Le cancer du col de l’utérus est principalement causé par une infection persistante à certains types de papillomavirus humain(HPV),principal responsable de la maladie . Il peut évoluer pendant plusieurs années sans symptômes apparents, ce qui rend le dépistage essentiel.

Pour les femmes vivant de revenus journaliers, les frais médicaux, le transport et la perte d’une journée de travail peuvent freiner l’accès aux soins.

L’étude montre également que les femmes ayant accès aux services de santé ont environ trois fois plus de chances de disposer de connaissances suffisantes sur la prévention. Les structures sanitaires jouent donc un rôle important dans l’information et l’orientation des patientes.

Des femmes favorables à la prévention

Malgré ces difficultés, près de huit femmes sur dix interrogées par Dr Kazindu et compagnies avaient une attitude favorable à la prévention, et environ neuf sur dix soutenaient la mise en place d’un programme national de dépistage.

Pour les chercheurs, il devient nécessaire de rapprocher les services de santé des communautés, notamment en organisant des campagnes d’information dans les marchés et les associations de commerçantes.

Vacciner et dépister pour sauver des vies

La prévention repose notamment sur la vaccination contre le HPV, le dépistage régulier et la prise en charge précoce des lésions précancéreuses.

À Bukavu, l’étude de la Dr Thérèse Kazindu met en évidence un défi majeur à savoir transformer l’intérêt des femmes pour la prévention en actions concrètes. Cela passe par une meilleure information et des services de dépistage accessibles, y compris aux femmes disposant de faibles revenus.

Car la sensibilisation, à elle seule, ne suffit pas. Pour réduire les risques liés au cancer du col de l’utérus, les femmes doivent pouvoir accéder à la vaccination, au dépistage et aux soins dans des conditions adaptées à leur réalité quotidienne.

Loïc Mambo

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