Huit ans après sa disparition, Solange Lusiku Nsimire continue de marquer le journalisme congolais. À travers le Souverain Libre, le livre que son fils lui consacre et les engagements de ses enfants, sa mémoire reste liée à la défense des droits humains et à la liberté de la presse.
Décédée le 13 octobre 2018 à Kinshasa, à l’âge de 46 ans, Solange Lusiku a consacré une grande partie de sa vie à l’information et à la défense des personnes marginalisées.
Née à Bukavu en 1972, elle commence sa carrière à la Radio Maria, puis à Radio Maendeleo avant de s’orienter vers la presse écrite. En 2007, elle prend la direction éditoriale du Souverain Libre, où elle défend notamment la démocratie, les droits des femmes et la liberté d’expression.
Son engagement lui vaut plusieurs distinctions, dont un doctorat honoris causa de l’Université catholique de Louvain en 2012 et le prix « Courage in Journalism » en 2014. Malgré les intimidations et les attaques contre son domicile, elle poursuit son travail journalistique.
À la tête du Souverain Libre, Claudine Lumvi salue une femme profondément engagée auprès des plus vulnérables.
« Elle donnait la parole aux femmes méprisées, les encourageant à dénoncer les violences dont elles étaient victimes. Elle était profondément compatissante et venait en aide aux personnes en difficulté. Elle payait notamment les frais scolaires d’un groupe d’orphelins identifiés par la paroisse Saint-Pierre-Claver de Nguba. »
Huit ans après sa disparition, son héritage se prolonge également à travers ses enfants. Arlette Boroto évolue dans le domaine juridique et les questions liées aux personnes touchées par les violences. Merveille Boroto s’investit dans la défense des droits de l’enfant, notamment à travers les activités d’EDEN World Foundation.
Son fils, Pascal Boroto, fait quant à lui de la littérature un espace de mémoire. Son livre Le Nom de ma mère, publié en 2026, a reçu le prix Voix d’Afriques.
« La littérature ne remplace ni le travail des historiens ni celui des journalistes. Elle ouvre néanmoins un espace où les événements peuvent être abordés à partir des vies qu’ils ont bouleversées. » glisse Pascal Boroto dans une interview nous accorder.
Au-delà de sa famille, Solange Lusiku demeure une figure de référence pour le journalisme indépendant au Sud-Kivu. Son parcours rappelle l’importance de préserver la mémoire de celles et ceux qui ont défendu la liberté d’informer dans des conditions difficiles.
Huit ans après sa disparition, son héritage continue ainsi de vivre dans les médias, la littérature et les engagements en faveur de la dignité humaine.
Que son âme continue de reposer en paix !
Loïc Mambo