Portrait / Sport et Société: Dido Kafilongo : Le football dans les veines, la formation comme héritage

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Ancien joueur, entraîneur de plusieurs clubs emblématiques du Sud-Kivu et formateur de générations de footballeurs, Dido Kafilongo a consacré plus de cinq décennies à sa passion pour le ballon rond. De ses débuts comme gardien à Tout Petit Bralima, interrompus par une grave blessure à la clavicule, à ses passages à Bukavu Dawa, Muungano et dans plusieurs autres formations, son parcours est jalonné de titres, de voyages et de rencontres. À 69 ans, celui qui a créé son école de football en 2000 continue de transmettre son expérience aux jeunes, avec la même conviction, faire de la formation la base de l’avenir du football.

À Bukavu, son nom appartient à la mémoire du football local. Dido Kafilongo est de cette génération d’entraîneurs qui ont consacré une grande partie de leur vie au terrain, mais surtout à la formation des jeunes. Né le 14 avril 1957, il a dirigé plusieurs clubs du Sud-Kivu, dont Bukavu Dawa et Muungano, mais aussi Chemu Chemu, Kivu Safari et Bilombe. À 69 ans, il continue de transmettre son expérience aux jeunes.

Une passion née dès l’adolescence

L’histoire de Dido avec le football commence à 13 ans. Il s’entraîne alors avec Tout Petit Bralima, considérée comme l’équipe B de Bande Rouge, et occupe le poste de gardien. Mais une fracture à la clavicule vient brutalement interrompre son parcours de joueur. Après son opération à l’hôpital général, le médecin prévient sa mère stipulant qu’une nouvelle blessure pourrait avoir de graves conséquences, jusqu’au risque de perdre son bras.

Pourtant, Dido ne renonce pas facilement. « Sans le foot, je ne peux pas évoluer », confie-t-il alors à son père. Celui-ci lui parle d’une connaissance à Nyangezi, où le jeune passionné se rend pendant les vacances. Il y poursuit ses entraînements avec Salomon. Deux ans plus tard, Dido s’est déjà fait un nom dans son environnement sportif.

De Nyangezi à Kinshasa

Après l’obtention de son diplôme d’État, sa mère souhaite l’éloigner du football et l’envoie à Kinshasa en 1981 pour poursuivre ses études. Mais même dans la capitale, le football le rattrape.

Alors qu’il se trouve dans un auditoire, un collègue vient lui annoncer qu’une équipe de la Banque centrale cherche à le rencontrer. Le responsable lui explique avoir reçu de ses nouvelles depuis Bukavu et lui propose d’encadrer l’équipe. Dido accepte.

Son parcours d’entraîneur prend alors une nouvelle dimension. Une expérience qui lui permet de côtoyer d’autres techniciens et de s’imposer progressivement dans le milieu.

Bukavu Dawa, les années de gloire

De retour à Bukavu, Dido prend les commandes d’une équipe de Bande Rouge composée notamment de joueurs comme Misaka Tanganyika, appelé Mbungu, Kabamba Useni et d’autres talents de l’époque.

Les résultats suivent. « Comme Dieu ne m’abandonne jamais, je suis sorti de l’équipe en étant champion », raconte-t-il.

Son passage le plus marquant intervient avec Bukavu Dawa. Entre 1990 et 1993, il conduit le club à trois titres de champion du Sud-Kivu. Il travaille notamment avec de jeunes joueurs comme Ndindri, Souka, Malengera Maya et plusieurs autres.

Son parcours l’emmène également au Rwanda. Il rejoint notamment une équipe de seconde zone appelée Miro Place, avant de poursuivre son aventure avec d’autres formations. Il connaît également des expériences à Muungano, où il travaille avec des joueurs comme Jeannot Witakenge, Kimbasa et Jean Kalalu.

Former plutôt que simplement entraîner

Au fil des années, Dido comprend que son rôle ne se limite pas aux résultats. Il veut créer une véritable école de formation. Le 14 avril 2000, il met ainsi en place son école de football.

Depuis, il se consacre davantage à la jeunesse. Son parcours passe également par Chemu Chemu, Kivu Safari, Bilombe et d’autres équipes.

Pour lui, la formation reste la base du développement du football. Il encourage les jeunes à prendre leur passion au sérieux et à travailler dans l’objectif d’embrasser une carrière professionnelle. Aux parents, il adresse également un message : « accompagner les enfants qui montrent des aptitudes sportives plutôt que de décourager leur vocation » confie-t-il

Par le biais de son école de football, Kafilongo a eu la chance de redonner le sourire à plusieurs enfants à travers le football.

Beaucoup ont eu la grâce d’émerger dans le monde du football. D’autres, par contre, ont eu l’opportunité de quitter la ville de Bukavu et de se rendre outre-mer, dans le cadre de compétitions réunissant plusieurs écoles de football.

Contacté par la rédaction du Souverain Libre, Moïse Muhimuzi ex capitaine se dit fier d’avoir grandi au sein de l’école de football de Dido Kafilongo.

« J’ai grandi dans cette école de football. J’y ai commencé comme un petit poucet, jusqu’à prendre de l’âge et à mûrir sur le plan footballistique. La formation du coach était très rude et rigoureuse, mais c’est ce qui faisait la beauté et la force de notre groupe. Le coach prônait la compétitivité ; chacun devait donner le meilleur de lui-même pour mériter sa place. »

À travers son école et son expérience accumulée sur plusieurs décennies, Dido Kafilongo poursuit ainsi une mission qui lui tient à cœur,celle de la transmission. Car pour ce passionné, le football n’est pas seulement une compétition. C’est aussi une école où se forment les générations.

Patrick Cishibanji

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