Mars en actions : Travaux communautaires sur le site mémorial des femmes à Nguba/Bukavu 

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La célébration du mois de la Femme poursuit son bonhomme de chemin à Bukavu. Le rendez-vous était respecté ce samedi 14 mars 2026 au travers des chants de ralliement et les sons d’outils aratoires sur le site du Mémorial des femmes, situé entre les avenues Muhumba et du Plateau au quartier Nyalukemba dans la commune d’Ibanda.

Des bêches, pioches, balais et machettes en main, les organisations féminines du Sud-Kivu, les journalistes, les militantes pour la paix et les hommes genrés ont choisi de célébrer le mois dédié aux droits de la femme.

Et cela par une action concrète d’entretien et de reboisement sur ce site historique.

Ce rassemblement symbolique sur le « Bosquet de la résilience » visait à honorer la mémoire collective des femmes, tout en protégeant un patrimoine menacé.

Le fil conducteur de cette rencontre a été le partage des expériences des pionnières de cette lutte. Des éclaircissements ont été donnés sur l’historique de la marche Mondiale 2010, sa cause, le parcours des organisateurs, le leadership féminin et les perspectives d’avenir.

PourJosé Kusinza Nyenyezi du Collectif des Organisations des Femmes et Associations du Sud-Kivu, COFAS en sigle, une des organisatrices de la marche historique de 2010, la lutte menée par les femmes leaders et leur détermination ont permis l’organisation de la marche Mondiale de 2010 en RDC. L’acquisition du site du Mémorial de la femme est un hommage en mémoire des milliers de femmes violées et tuées lors des différentes atrocités qu’a connu l’est du pays. À cela, il faut ajouter l’auditorium des femmes àLabotte, entre autres acquis en province du Sud-Kivu.

Cette bravoure a été saluée à travers l’évocation de femmes engagées dont leur parcours a fait échos dans la ville de Bukavu. Certaines figures ont disparues, notamment Solange Lusiku, la Fondatrice du Journal le Souverain Libre, dont le courage continue d’inspirer les défenseurs des droits humains dans la province.

La question de la préservation du site a dominé les échanges face aux menaces persistantes de spoliation par des particuliers. Solange Lwashiga, secrétaire exécutive du Caucus des femmes pour la paix au Sud-Kivu, a martelé avec force : « Ce mémorial, érigé en 2010, représente 42 pays à travers le monde. Il fait partie du patrimoine mondial. Nous sommes présentement en ce lieu pour clamer haut et fort que ce site ne doit pas faire l’objet d’une spoliation. Pour Solange Lwashiga, ce site symbolise la femme, et surtout celles qui sont mortes à cause des violences.

Ce cri du cœur a été rejoint par Juvénal Lushule et ses pairs militants de la société civile, qui considèrent ce mémorial comme un rempart sacré contre l’impunité. Pour ces derniers, protéger ce lieu est un devoir moral : « Ce mémorial n’est pas qu’une parcelle de terre ; c’est un sanctuaire sacré qui porte la voix des milliers de femmes. En s’opposant à toute tentative de spoliation de cet espace, la société civile garantit que le « bosquet de la résilience » demeure un bien commun de la lutte contre l’impunité au Sud-Kivu. »

Plusieurs engagements ont été scellés pour que ce site reste intact face aux convoitises privées.

Le mémorial de la femme reste aujourd’hui le symbole physique le plus fort de la mobilisation internationale qui a eu lieu à Bukavu il y a de cela seize ans.

 

Lamberte Wakenge

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