Shabunda : Les habitants plongés dans la faim et la pénurie générale

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Shabunda est le plus vaste territoire du Sud-Kivu. De nos jours, il subit une rupture des trafics aérien et terrestre. Tous les produits vivriers et non vivriers importés deviennent rares, parfois introuvables, dans une contrée pourtant riche en sols et sous-sols.

Pour contourner cette asphyxie, certains opérateurs économiques se tournent vers le Maniema et la ville de Beni, dans le Nord-Kivu.

Selon Thierry Lumwanga Salumu, habitant de Shabunda-centre, de nombreux commerçants installés auparavant à Bukavu ou à Goma ont déplacé leur base à Beni, afin d’acheminer leurs marchandises via l’aérodrome de Mavivi.

Un détour qui allonge le trajet, renchérit les coûts et se répercute immédiatement sur les prix.

Dans les marchés, la hausse est vertigineuse.

Un verre de sucre passe de 2 000 à 3 000 FC; deux verres de haricots se négocient désormais à 2 500 FC au lieu de 1 500 FC ; un kilo de viande, vendu à 20 000 FC, atteint 25 000 FC.

Une bouteille de jus energy,Le poisson salé, Une mesure locale d’huile de palme ,Une bouteille de Primus communément appelée petite ya quarier, Le Castel varie tous ces éléments ont été revus à la hausse.

La fermeture de la route provinciale

Bukavu-Shabunda, appelée route Kimbili, aggrave encore l’isolement. Selon Polycarpe Buzabwandozi, président de la société civile de Bamuguba-Sud, aucun engin n’a pu circuler jusqu’à présent.

Il évoque une décision prise par les autorités du M23, renforcée par la peur persistante des usagers face à l’insécurité.

Cette paralysie étouffe littéralement l’économie locale les ménages manquent de nourriture, les commerçants perdent leurs marchandises, et les petits opérateurs économiques voient leurs activités s’effondrer.

Cette situation est également visible dans le secteur sanitaire. Les hôpitaux manquent de médicaments. Le transfert de malade devient également compliqué.

Face à cette situation, la société civile appelle les autorités provinciales et nationales à intervenir d’urgence. Une délégation de notables, accompagnée du chef de groupement et d’autres autorités coutumières, s’est rendue à Nzibira pour aller causer avec M23 sur la réouverture de l’axe. Sans rétablissement rapide de la route les gens vont mourir.

De nombreuses familles, autrefois dépendantes des produits champêtres, se tournent massivement vers les carrières à la recherche de gains rapides. Résultat les champs se vident, la production locale s’effondre, les marchés se raréfient et les prix s’envolent. La dépendance envers Bukavu, le Maniema ou Beni rend la population encore plus vulnérable aux perturbations sécuritaires.

À Shabunda, cette combinaison d’enclavement, d’insécurité et d’abandon agricole entretient un cercle vicieux de pauvreté et d’instabilité. Au-delà du rêve de l’or, c’est l’avenir même de communautés déjà fragilisées qui se joue, dans un territoire désormais au bord de la famine.

 

Christian Kika et Gertrude Shabani

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