Manœuvre politique ou bouc émissaire ?
C’est à l’issue d’une conférence de presse tenue à l’hôtel Kin Plaza Arjaan de Kinshasa que le couperet est tombé.
Dans un revirement politique spectaculaire qui secoue la scène politique congolaise, le directoire de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) a annoncé, ce mercredi 25 mars 2026, la destitution de son autorité morale, Modeste Bahati Lukwebo
Les cadres et membres cofondateurs du regroupement politique ont officiellement acté la rupture avec celui qui incarnait, depuis 15 ans, la deuxième force politique de la majorité présidentielle et leur « autorité morale ».
Plusieurs griefs majeurs sont formulés à l’encontre de l’ancien président du Sénat par les instances dirigeantes du parti. C’est le cas d’une gestion opaque et fronde interne.
Il lui est reproché aussi d’avoir effectué des sorties médiatiques fracassantes, notamment sur la question de la révision constitutionnelle sans aucune concertation préalable avec les instances décisionnelles du parti.
Les frondeurs ajoutent aussi une gestion jugée opaque et un déficit criant de communication interne.
La frange initiatrice de la destitution décrie un népotisme, elle signale une perception grandissante d’une gestion à caractère familial de la formation politique qui a fini par cristalliser le mécontentement des militants et des cadres
Pour assurer la continuité, la direction de l’AFDC-A a désigné Otto Bahizi comme coordonnateur intérimaire, avec pour mission lui assignée de piloter le parti jusqu’à l’organisation d’un congrès extraordinaire.
Face à ce désaveu, le Secrétariat Général de l’AFDC a vigoureusement réagi via un communiqué signé par Malongo Bilamba Guy-Richard. Il qualifie de « théâtre politique la démarche de ses collègues du parti.
Selon le Secrétaire Général, cette prétendue destitution n’est qu’une « mise en scène » visant à punir Modeste Bahati pour ses prises de position courageuses en faveur du respect de la Constitution.
Il dénonce une campagne de « harcèlement et de dénigrement » visant à obtenir la « mort politique » d’un leader devenu gênant pour certains cercles de pouvoir.
Le camp Bahati soutient que les individus ayant annoncé sa destitution n’ont ni la qualité, ni le mandat légal pour évincer l’autorité morale élue lors du dernier congrès, où il a d’ailleurs été reconduit il y a quelques jours.
Pour le secrétariat, il s’agit d’une violation flagrante de la liberté d’expression garantie par l’article 23 de la Constitution.
Alors que les députés et sénateurs du groupe semblent se désolidariser de leur leader pour « sauver leurs sièges » au sein de l’Union Sacrée, la bataille juridique et politique pour le contrôle du label « AFDC » ne fait que commencer.
Loïc Mambo