À Kakolokelwa, dans le territoire de Mwenga, le simple fait d’aller travailler aux champs est devenu un casse-tête pour les femmes. Un conseil local de sécurité, tenu ce week-end dans la chefferie de Wamuzimu, a décidé d’imposer des horaires stricts : les femmes ne peuvent désormais aller aux champs qu’entre 7h et 7h30, et doivent impérativement rentrer avant 15h. Tout retard sera puni par une amende de 50 000 à 200 000 francs congolais.
Cette décision découle de plaintes des hommes accusant les femmes de rentrer « trop tard » des champs et de retarder ainsi les repas familiaux. Pour faire appliquer cette règle, les Wazalendo signaleront la rentrée des champs par un sifflet, et certaines femmes sont déjà détenues dans le cachot de Kakolokelwa pour avoir bravé cette mesure arbitraire.
Les groupements les plus touchés par cette mesure sont : Bakute, Bagezi, Balinzi et Banampute, pour ne citer que ceux-là.
Pour les défenseurs des droits humains, cette mesure constitue une violation flagrante des droits des femmes et encourage des violences basées sur le genre, pourtant interdites par les lois en vigueur en Rdc.
Une majorité de la population locale rejette également cette décision, la qualifiant d’anticonstitutionnelle et humiliante.
Dans ce coin du Sud-Kivu, travailler au champ, un droit fondamental et essentiel pour la survie des familles, est devenu un acte de courage. Les femmes de Kakolokelwa vivent désormais sous la pression d’un pouvoir local qui prétend “protéger l’ordre”, mais qui piétine leur dignité et leur liberté.
La Rédaction