Le système d’enseignement supérieur et universitaire en République démocratique du Congo, licence-Master-Doctorat LMD en sigle a comme mission de se conformer au standard international.
Depuis l’année académique 2022-2023, des universités du Sud-Kivu ont emboité les pas d’autres universités de Kinshasa afin de se conformer à la décision du ministère de tutelle.
Plus ou moins 4 ans après, les produits ne semblent pas répondre aux attentes de la société.
Le journal Le Souverain Libre vient de récolter des avis des enseignants et étudiants de l’ancien système dénommé Pacte de modernisation de l’enseignement supérieur et universitaire PADEM et ceux du LMD.
C’était en date du 24 janvier 2026.
La professeure, Jeanne Mujijima, Recteure de l’Université Anglicane, professeure également à l’Université du cinquantenaire de Lwiro, à l’ULPGL Bukavu et à l’UEA donne un point de vue centré sur le défi de la qualité de l’enseignent et l’adaptation aux apprenants.
Selon elle, l’arrivée du système licence-Master-Doctorat était salutaire, car il s’agit de s’arrimer ou se conformer au standard international.
Et ce, avec l’objectif la Recherche-action afin de résoudre le problème de la société.
Malheureusement, le système d’enseignement est resté comme l’ancien système PADEM.
Et d’ajouter que malgré la diminution du nombre d’années d’études passées de cinq à trois pour la licence, les enseignants continuent d’enseigner comme auparavent avec plus des théories sans pratiques correspondantes.
La Professeure Jeanne Mujijima ne préconise pas la suppression du système LMD de Bologne, plutôt la formation des enseignants et les apprenants.
Le ministère de l’enseignement supérieur et universitaire a fait sa part, la responsabilité incombe à la mise en application, car le LMD demande des moyens et préalables entre autres les bibliothèques et la permanence de l’internet.
Autre son de cloche :
Le Système LMD en RDC : Entre ambition de modernité et réalités de terrain s’interroge Emmanuel Akonkwa, Chercheur en Sociologie des conflits et politiques de l’éducation/CRECOPAX-GL/ de l’Université officielle de Bukavu, UOB.
L’arrimage de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) congolais au système LMD n’est plus une option, mais une exigence de survie dans un monde globalisé.
Cette réforme, censée garantir la lisibilité internationale des diplômes et la mobilité des étudiants, porte en elle la promesse d’une université plus compétitive.
Cependant, pour le sociologue de l’éducation, une réforme ne se décrète pas : elle se vit, elle s’outille et elle s’incarne. À Bukavu comme ailleurs au Congo, le constat est sans appel : si l’intention est noble, le processus actuel souffre de zones d’ombre qui hypothèquent l’avenir de la jeunesse.
L’assistant d’université et chercheur pour son doctorat, Emmanuel Akonkwa parle de la modernité au prix de la logistique : le chaînon manquant à l’esprit de LMD repose sur l’autonomisation de l’étudiant et l’usage intensif des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC).
Il est temps de passer d’une réforme de papier à une révolution de la qualité.
S’agissant du système LMD, Bertin Lwamba, parent et ancien étudiant à l’Institut Supérieur Pédagogique, ISP/Bukavu parle d’une charrue avant le bœuf, voulant corriger plus de théories et s’enfoncer davantage
Quant à Lungere Murhula, un finaliste à l’Université évangélique en Afrique UEA, le LMD est une facilite aux apprenants et cela dépend d’une institution à une autre.
Patrick Cishibanji