Le monde célèbre ce 23 janvier 2026 la Journée mondiale de la solitude. Cette année, elle est placée sous le thème : « Les petites attentions sont essentielles, car elles donnent le sentiment d’exister et de compter. »
À Bukavu, l’événement est marqué par un appel fort à la prévention et à la vigilance psychologique.
Lors d’un entretien accordé à la radio web du journal Le Souverain Libre, Deschamps Murhabazi, psychologue clinicien, rappelle que la solitude touche toutes les catégories sociales et peut fragiliser durablement la santé mentale, si elle n’est pas prise en charge.
Selon ce spécialiste, la solitude prolongée peut provoquer l’anxiété, le sentiment de vide, la perte de motivation et le repli sur soi.
« Elle agit souvent de manière silencieuse. Beaucoup de personnes vivent cette souffrance sans l’exprimer, par peur, par honte ou par manque d’écoute », a-t-il alerté.
Le Dr Murhabazi insiste sur l’importance de reconnaître les signes d’alerte tels qu’une fatigue persistante, des troubles du sommeil, une irritabilité inhabituelle et une perte d’intérêt pour les activités quotidiennes.
Ces signaux, selon lui, doivent pousser à agir tôt, avant que la détresse ne s’installe.
« La prévention reste la réponse la plus efficace », affirme le psychologue.
Pour y parvenir, le Docteur Murhabazi recommande de renforcer les liens sociaux, même simples, comme parler régulièrement avec un proche, maintenir des routines et participer à des activités communautaires.
Il insiste aussi sur la nécessité de créer des espaces sûrs d’expression, où chacun peut parler sans jugement.
Pour lui, l’écoute active occupe une place centrale. Prendre le temps d’écouter une personne isolée peut déjà réduire son sentiment d’abandon.
Car, « La parole libère », martèle-t-il. La parole permet de rompre un isolement psychique souvent plus lourd que l’isolement physique.
Celui-ci conclut, il est essentiel de comprendre que la solitude n’est pas une faiblesse individuelle, mais bien un enjeu de santé publique.
La Journée mondiale de la solitude a été instaurée en 2017 à l’initiative d’organisations internationales de santé et de solidarité, pour sensibiliser le grand public aux effets néfastes de l’isolement et encourager des actions concrètes pour renforcer le lien social et le bien-être psychologique.
Pascal Boroto