À Bukavu, le mois d’octobre rime trop souvent avec les fantômes du passé. Entre souvenirs douloureux, les cycles de violence et replis identitaires, le Sud-Kivu cherche un nouveau souffle. Selon Jean Moreau Tubibu, acteur clé de la société civile et chargé des noyaux au sein de l’organisation Groupe Jérémie au Sud-Kivu, l’heure de l’introspection a sonné.Il vient de l’exprimer ce mardi 27 octobre 2026, dans une interview exclusive avec le Souverain Libre.
Selon lui, il est grand temps de remplacer les armes par le dialogue et le vivre-ensemble.Trente ans durant, des générations ont grandi les pieds ancrés dans la tension, habitées par la peur du voisin et le bruit des bottes, s’indigne Jean Moreau TUBIBU.
Pour la grande majorité des habitants de la province du Sud-Kivu, octobre est le « mois des souvenirs » et trop souvent, des mauvais souvenirs, martèle notre source.
Face à ce constat amer, où des communautés entières se sentent marginalisées ou se rejettent dos à dos, le constat est sans appel, relate le rapport des acteurs de la société civile du Sud-Kivu.
Consulté par Le Souverain Libre ce mardi 27 octobre 2026, on peut lire dans ce rapport que la paix ne tombe pas du ciel ; elle se bâtit au quotidien, à force de petits riens et surtout la population doit utiliser les seules armes valables aujourd’hui : celles de la non-violence. Construire des ponts, au propre comme au figuré, c’est accepter de faire un pas vers l’autre, d’écouter ses peurs et d’abandonner définitivement les armes ».
Fidèle Wakumana
