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Des organisations de la société civile et des acteurs communautaires réunis à Bukavu les 22 et 23 octobre 2026 demandent à la République démocratique du Congo de soutenir un traité mondial ambitieux et juridiquement contraignant contre la pollution plastique. Une note de position signée à l’issue de leurs travaux formalise leurs principales revendications.

La société civile congolaise veut prendre une part active au débat sur le futur traité mondial contre la pollution plastique. Les 22 et 23 octobre, à Bukavu, SOPRODE, avec l’appui de la Global Alliance for Incinerator Alternatives (GAIA), a organisé un atelier consacré à la consultation des acteurs, au renforcement des capacités et à l’élaboration d’une stratégie collective de plaidoyer.

La rencontre, tenue au Centre d’Accueil Protestant de Camp Nguba, visait à renforcer la coordination des organisations de la société civile et à définir des priorités communes susceptibles d’être portées auprès des autorités nationales et dans le processus international de négociation.

Cinq demandes principales au gouvernement

À l’issue des travaux, les participants ont signé une note de position adressée au ministre congolais chargé de l’Environnement. Ils y exhortent le gouvernement à soutenir un traité mondial fort, ambitieux et juridiquement contraignant, couvrant tout le cycle de vie des plastiques.

Le document formule cinq demandes principales :

Soutenir un traité mondial fort et juridiquement contraignant, couvrant l’ensemble du cycle de vie des plastiques et garantissant la protection de la santé humaine, des droits humains, de la biodiversité, de l’environnement et du climat.

S’engager à réduire la production de plastique vierge et à éliminer progressivement les produits les plus nocifs et évitables.

Garantir des financements et une assistance technique adaptés pour assurer une mise en œuvre juste et efficace du traité.

Associer pleinement les communautés touchées, les travailleurs du secteur des déchets et les organisations de la société civile aux négociations et au suivi de la mise en œuvre du traité.

Adopter des règles transparentes et mesurables, assorties d’échéances précises, afin de faciliter le suivi des engagements et d’évaluer les progrès accomplis. Pour les signataires, ces orientations doivent permettre de dépasser une approche limitée au traitement des déchets et d’agir également sur la production et les produits mis sur le marché.

La santé, l’environnement et les communautés au cœur des préoccupations

La pollution plastique représente un défi pour l’environnement, la santé humaine, les droits humains et les moyens de subsistance. Ses impacts sont associés aux différentes étapes du cycle de vie des plastiques, de l’extraction des matières premières à la gestion des déchets.

L’atelier a ainsi abordé les enjeux du traité, les impacts environnementaux et sanitaires des plastiques, les liens avec la production de combustibles fossiles et les questions de transition juste, notamment pour les récupérateurs et les travailleurs du secteur des déchets.

Les participants ont également travaillé sur la formulation de messages communs et sur les moyens d’améliorer la communication publique autour des négociations.

Une mobilisation appelée à se poursuivre

La note de position constitue un outil de plaidoyer destiné à faire connaître les attentes des signataires auprès des décideurs congolais. Elle s’inscrit dans une démarche plus large de renforcement du dialogue entre la société civile et les institutions publiques.

L’atelier s’inscrit aussi dans la perspective de la prochaine session de négociation du traité mondial contre la pollution plastique, prévue du 13 au 24 mars 2027.

Pour SOPRODE et GAIA, l’enjeu est désormais de poursuivre la coordination des acteurs, de faire avancer les recommandations formulées et de renforcer la place des préoccupations communautaires dans les discussions relatives au traité.

La question demeure celle de la traduction de ces revendications en engagements concrets : un traité ambitieux, des règles applicables, des moyens de mise en œuvre suffisants et une participation effective de la société civile.

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